Projet scientifique du LAVUE

La problématique générale du LAVUE envisage les espaces urbains (et péri-urbains) dans leurs dimensions tout à la fois formelles et symboliques, habitées et conçues, pensées et pratiquées, en tant qu’ils constituent des marqueurs forts des interventions et des évolutions des sociétés humaines. Il se joue en effet dans l’urbain dense comme diffus, en son coeur comme à ses franges, des processus essentiels de mutation de nos sociétés contemporaines. La ville et ses extensions sont alors envisagées comme un produit socialement construit autant que comme un cadre d’action organisé, aussi bien naturel que bâti, milieu de vie comme ensemble de flux et d’acteurs, qui agit sur les comportements individuels et les modes d’organisation collective aussi bien qu’il évolue sous leur action. La ville au sens large, dans cette perspective, est le lieu privilégié des interactions entre des individus, des classes et des groupes sociaux, des organisations, mobilisations et institutions. On se demande ainsi aussi bien quelles sont les relations des formes sociales - qu’elles soient spontanées, volontaires, contraintes, normées - avec les formes spatiales, architecturales, environnementales des villes des Nord comme des Sud, que comment ces relations contribuent à la construction des identités individuelles et collectives, des proximités et des distances que les individus et les groupes souhaitent développer dans leurs rapports aux autres, en termes de pratiques comme d’aspirations.
La dimension métropolitaine voire mégapolitaine comme les espaces encore qualifiés de ruraux n’échappent pas aux recherches des membres du Lavue, en posant sur ces espaces de vie en devenir des questions qui se déploient autour des cinq axes transversaux du Lavue mais qui interrogent à la fois les formes d’implication des citadins et de gouvernance de territoires complexes, la relation entre héritages et innovations dans le développement urbain et territorial actuel, la question des identités citadines voire métropolitaines, les horizons de l’action et des politiques urbaines (en termes de justice notamment), les déploiements actuels des formes revendicatives et de citoyenneté plurielle. L’exploration des contradictions urbaines passées et actuelles dans un monde devenu majoritairement urbain est ainsi l’un des principes fédérateurs de notre laboratoire, dans lequel se déclinent les 5 axes transversaux du Lavue et des colloques internationaux réguliers.
  • Colloques « Contradictions urbaines »

  • Appel à communications pour le 14 novembre 2022
    Appel à communications
    Cette nouvelle édition du colloque “Contradictions urbaines” organisée par l’UMR LAVUE interroge ce que font les expériences participatives aux objets et aux terrains sur lesquels travaillent ses chercheurs. Pour le Lavue, la participation – dont le champ de recherche est en construction- représente une problématique transversale ayant évolué ces dernières années, sous l’effet de recherches qui concernent la coconstruction des phénomènes urbains et des démarches permettant produire de la connaissance et des apprentissages partagés. Les thèmes retenus pour ce colloque s’inscrivent dans cette double perspective et sont constitutifs de l’identité du laboratoire.
  • 2019 - La place des grands événements sportifs et culturels contemporains
    La deuxième édition du colloque « Contradictions urbaines » nous permettra de débattre autour du transitoire et du pérenne dans le projet urbain, à partir du cas des Jeux olympiques Paris 2024 qui fait dores et déjà l’objet de nombreuses discussions. L’originalité de l’approche que nous proposons – par rapport aux travaux de l’Observatoire des JO - réside dans le croisement entre projets olympiques et projets locaux, entre logiques métropolitaines et revendications communautaires. En évitant volontairement un regard plongeant sur le projet olympique au sein du Grand Paris, nous essayerons de comprendre ce que ce projet fabrique dans le territoire, notamment à l’échelle micro, en termes de débat municipal, d’espoirs et de déceptions de la part des habitants et usagers de la capitale, d’accélérations et de blocages des processus décisionnels, de changements d’orientation, etc. Les JO ne seront pas analysés ici en termes de projet urbain et politique, mais comme catalyseurs des ambitions, partenariats et aménagements à l’échelle locale.
  • 2017 - Etat des lieux et perspectives
    Alors que l’urbanisation sans limite des villes et métropoles échappe chaque jour un peu plus au contrôle des systèmes étatiques, leur régulation se négocie davantage entre conglomérats financiers, collectivités locales et est tempérée et reconfigurée
    par les mouvements associatifs et populaires. La recomposition des systèmes de gouvernance et de production urbaine fait écho à l’ensemble des contradictions qui traversent la ville et les sociétés citadines, contradictions accentuées par la montée
    inexorable des métropoles. Pour en donner un aperçu, ces contradictions se situent certes entre global et local mais s’étendent aux rapports entre inclusion et éviction, mixité et ségrégation, standardisation de la production et valorisation patrimoniale,
    étalement urbain et développement d’une ville durable…