Séminaires Axe 3 2022-2023

Temporalités et usages du temps dans la fabrique urbaine

Les séances de séminaires de l’axe 3 auront lieu dans les locaux du LAA dans l’ENSA Paris-Villette (site Ardennes) aux dates suivantes :
—  le 12 octobre de 14h à 17h
—  le 30 novembre de 14h à 17h
—  le 1er février de 14h à 17h
—  le 5 avril de 10h à 13h
—  le 14 juin de 10h à 13h

Temporalités et usages du temps dans la fabrique urbaine

L’axe 3 accueille et réunit les réflexions et recherches menées au sein de l’UMR 7218 LAVUE sur les usages du temps dans la fabrique urbaine. Nous souhaitons interroger les effets des régimes temporels dominants (le présentisme, la patrimonialisation du bâti et de l’immatériel, l’éphémère, l’accélération et les temps d’arrêt, les modernités) et la manière dont ils nourrissent les imaginaires architecturaux et urbanistiques ainsi que nos expériences de l’espace et du temps. En effet, ces régimes temporels se conjuguent aux processus spatialisés pour structurer nos sociétés et les expériences que nous faisons de la réalité et du virtuel, tout en exerçant une influence décisive sur nos manières d’appréhender le monde.

À partir d’approches pluridisciplinaires des sciences humaines et sociales (entre autres la sociologie, l’anthropologie, la philosophie, l’architecture, l’urbanisme, le design et la géographie), cet axe déploie plus particulièrement ses activités de recherche sur les champs de l’expérience et de la pratique urbaine vus comme des configurations et reconfigurations temporelles qui participent de la fabrique des mondes habités.

Les usages sociaux, spatiaux et politiques du temps participent aux processus de fabrication des formes et territoires urbains, et ce faisant aux mutations des sociétés contemporaines. Dans un contexte mondialisé d’intenses circulations – mais aussi de blocages et d’arrêts – de flux, de modèles, de valeurs et de normes, des acteurs et des institutions aux statuts divers mobilisent les catégories de patrimoine, de mémoire, voire d’héritage tout autant que celles d’innovation, de création, voire de pratiques alternatives. Pérenne et temporaire, urgence et permanence, transition et fixité, improvisation et programmation, domination et appropriation… les différentes figures que prennent ces rapports et usages au temps dans la fabrique urbaine, loin de n’en constituer que les contradictions, en soulignent aussi et surtout les dynamiques internes. Ce sont les différentes manières d’articuler les temporalités, les expériences et les pratiques du temps qui intéressent les chercheuses et chercheurs réuni·e·s, par leurs travaux respectifs au sein de cet axe.

Considérant que ces régimes temporels sont toujours spatialisés, nous pouvons/pourrons mieux se saisir des reconfigurations des espaces, urbains comme ruraux, ainsi que les scènes et arrière-scènes potentielles ou en acte du monde urbain, en son cœur comme à ses frontières. Elles favorisent aussi une réflexion sur les relations souvent conflictuelles entre les façons de faire la ville et ses lieux, les formes de gouvernance ainsi que les opérations de légitimation des acteurs, de leurs usages et présences. Enfin, elles invitent à s’interroger sur les temporalités différenciées qui ne manquent pas de s’exprimer entre acteurs et groupes sociaux, et les façons de les représenter.