Projet scientifique
Axe 1 : Fabrications de l’urbain (2016-2024)

L’entretien du présent

2019 | In : A. Guez, S. Bonzani (dir.), Représenter la transformation. Ou comment saisir les espaces-temps habités | Paris | L’oeil d’or

La réflexion sur l’urbain développée dans leurs pratiques par certains paysagistes permet de dégager un point de vue décalé sur la dimension temporelle inhérente à toute transformation. Notre hypothèse de départ est que la façon dont les paysagistes travaillent le temps apporte des éléments de réflexion importants au projet urbain. Les résultats croisés de recherches que nous avons menées ces dix dernières années montrent que l’approche paysagère contribue à souligner de façon critique et compréhensive les limites actuelles de la réflexion à grande échelle du territoire. Un des enjeux auquel cette réflexion est confrontée concerne la prise en compte de la perception et du vécu des habitants. L’accroissement de l’échelle des projets et la dilatation de leur temps de réalisation soulèvent chez les habitants une inquiétude autant suscitée par les attentes et les espoirs portés par le projet que par les pressions auxquelles ils pensent être soumis une fois le projet réalisé. Dans cet article, nous allons interroger la façon dont l’approche paysagère mobilise des connaissances et des savoir-faire qui sondent cette dimension problématique du temps dans le projet et les spécificités propres à chaque discipline de projet, et notamment celles propres au paysagistes. De quoi sont-elles faites ? Que nous apprennent-elles sur le temps comme opportunité et outil de projet ? Inversement, comment appréhendent-elles les contraintes temporelles, souvent divergentes, qui accompagnent tout projet urbain ?