Projet scientifique
Axe 1 : Fabrications de l’urbain (2016-2024)

Séminaire le Jeudi 6 juin 2024 « Aménager le vivant, Passé, présent et futur du Grand Nokoué »

Un séminaire co-organisé par le Lavue

Organisé par Edmond Odidi, Fabrice Banon, Monica Coralli, Olivier Ratouis, Alain Guez.
Comment maximise-t-on les potentialités du territoire sans pour autant agresser davantage le milieu ? Le regard rétrospectif sur le chemin parcouru dans le domaine de l’urbanisme est ici adopté dans le but de proposer des pistes pour l’avenir du « vivant », compris comme un ensemble où les composantes humaines et non- humaines sont étroitement imbriquées, voire coopérantes. Du fait de cette caractéristique d’interdépendance, le colloque Aménager le vivant souhaite trouver des pistes pour établir un dialogue entre différentes dynamiques territoriales et urbaines. Il s’agit d’envisager le dépassement des déséquilibres et dichotomies homme/nature, ainsi que la prédominance de l’un sur l’autre dans une perspective collaborative plus que compétitive.

JUSTIFICATION ET OBJECTIFS DU SEMINAIRE

Le Grand Nokoué constitue la principale agglomération urbaine du Bénin avec une concentration de population estimée à environ 3,2 millions d’habitants sur une superficie 1 237 km2. Les cinq communes composant ce territoire sont par ailleurs le terrain de l’expérimentation de la planification urbaine et des projets urbains depuis près d’un siècle. Au fil de cette période, l’effet des installations humaines a profondément modifié l’espace en question. Or, visant la transformation des espaces habités, l’urbanisme se confronte à des environnements matériels et culturels hérités, pris dans leurs dynamiques propres, et s’inscrit dans un rapport à la variation des conceptions des temps sociaux. Il apparaît alors important d’essayer de comprendre comment les formes urbaines habitées et les processus de fabrication de la ville sont sous-tendus comme des articulations spécifiques des temporalités à un moment donné.

Ce séminaire se propose de dresser un bilan des outils de planification élaborés pour le Grand Nokoué depuis un siècle environ et d’analyser la pertinence de ceux-ci au regard des défis actuels liés au changement climatique ainsi que leur impact sur l’environnement. Au fil des décennies, la fabrication de la ville a certes suivi les théories et les plans d’architectes, urbanistes et experts de différentes disciplines, mais elle s’est produite et continue de se produire aussi – et très largement – sans tenir compte des orientations et prescriptions d’urbanisme, poussée par la logique de la nécessité d’habiter quelque part, exprimée indépendamment de la conformité à un quelconque plan ou loi. La fabrication de la ville est, par ailleurs, portée par de grands projets gouvernementaux sur le territoire du Grand Nokoué entendu comme vitrine du pays. Ceci interroge l’efficacité des documents d’urbanisme, les temporalités de leur mise en application, et pose des questions administratives et de gouvernance ainsi que d’adéquation face à la forte croissance démographique et aux dynamiques qui s’en suivent. Ainsi, des interventions de rattrapage au cas par cas prévalent sur les actions d’anticipation et d’accompagnement du changement.

Dans ce cadre d’urgence pour ainsi dire ‘systématique’, voire systémique, qui se présente depuis des décennies sous différentes formes et avec une intensité variable selon les villes certes, mais toujours présente, la réflexion sur l’interdépendance entre le citadin et son environnement semblait superflue, loin de la nécessité du moment. Suivant la même tendance, les modèles de développement urbain ont privilégié l’homme en dépit de la nature. Les logiques socio-économiques se sont imposés à des milieux vivants avec pour ambition de les maîtriser sans pour autant en accompagner les dynamiques humaines et non humaines.

Aujourd’hui, il apparaît que face aux changements climatiques et aux situations critiques, voire incontrôlables car doués d’une ampleur imprévisible, auxquels tous les territoires sont exposés, il est nécessaire de poursuivre la réflexion et de réviser les paradigmes existants, tant en termes de modus vivendi que de logiques d’aménagement urbain et territorial. En effet, la prise en compte de l’environnement et de l’écologie urbaine apparaît incontournable... Par ailleurs mais avec autant d’acuité, les transformations portées par les citoyens et leurs impacts sur l’espace urbain constituent un défi pour la fabrique urbaine. L’informel urbain, entendu comme toutes les stratégies et/ou innovations citadines en réponse aux problèmes de leur quotidien, méritent, du fait de son importance actuelle, une attention particulière. Ainsi, la question « comment aménage-t-on pour l’homme ? » demande une reformulation susceptible d’intégrer davantage la dimension environnementale et les transformations socio-économiques. Ces défis ne peuvent plus être relégués à la portion congrue ; faire avec l’environnement et le contexte (au sens de « faire ensemble ») ne peut plus être considéré comme une simple option. Le questionnement qui sous-tend toute action sur le territoire et à toutes les échelles est le suivant : comment maximise-t-on les potentialités du territoire sans pour autant agresser davantage le milieu, tout en travaillant à la résilience face aux risques majeurs ? Le regard rétrospectif sur le chemin parcouru dans le domaine de l’urbanisme est ici adopté dans le but de proposer des pistes pour l’avenir du « vivant ». Le vivant est une notion englobante qui réunit toutes les formes de vie en les pensant comme un ensemble où les composantes humaines et non-humaines sont étroitement imbriquées, voire coopérantes. Du fait de cette caractéristique d’interdépendance, le colloque Aménager le vivant souhaite trouver des pistes pour établir un dialogue entre différentes dynamiques territoriales et urbaines. Il s’agit d’envisager le dépassement des déséquilibres et dichotomies homme/nature, ainsi que la prédominance de l’un sur l’autre dans une perspective collaborative plus que compétitive.

Au vu de l’acuité des phénomènes météorologiques et hydrologiques observés, leur vitesse de progression et leur violence grandissante, les défis climatiques s’invitent depuis quelques décennies dans tous les débats sur la ville et l’avenir des territoires. Il apparaît donc indispensable de convier Architecture, Urbanisme, Paysage, Ingénierie et les domaines d’expertise connexes, afin de relever ces défis, concevoir des réponses, et développer des stratégies d’adaptation. Aménager est compris ici au sens de réactiver le dialogue entre la panoplie d’organismes vivants, de contextes, de disciplines et d’intelligences.

AXES THEMATIQUES
Le séminaire s’articule autour de trois axes thématiques traités chacun par un panel spécifique précédé par un partage de l’analyse des dynamiques du Grand Paris.

Lieu : Cotonou (Bénin)
Horaire : 8h30 – 17h00

Document-joint
(PDF - 613.4 kio)