Séminaire Doctoral « Places, rassemblements, événements. Anthropologie urbaine et politique de la ville en débat »

séminaire validé par l’ED Sciences Sociales Paris 8

Coordiné par
Emmanuelle Lallement (anthropologue, Paris 8-IEE, équipe Alter-LAVUE), avec Manon
Faucher (doctorante Paris 8, équipe Alter-LAVUE), Matheus Viegas Ferrari (doctorant
Paris 8, équipe Alter-LAVUE, en co-tutelle avec l’Université Fédérale de Bahia, PPGRI),
Axel Wilmort (doctorant Paris 8, équipe Alter-LAVUE)

« Places, rassemblements, événements. Anthropologie urbaine et politique de la ville en débat »
Du 11 janvier 2024 au 07 juin 2024, Maison de la recherche, Université Paris 8

Ce séminaire doctoral à quatre voix et ouvert à toutes les SHS souhaite rassembler chercheur.es et jeunes chercheur.es intéressé.es par la fabrication de la ville d’un point de vue d’anthropologie urbaine et politique.

Posant que toute anthropologie urbaine est politique, ce séminaire entend interroger les tensions, les aléas, les épreuves, les débats qui animent le « faire ville » aujourd’hui.

Il s’agit de saisir les enjeux politiques des formes spatiales en construction, des modalités de rassemblement urbain, les enjeux politiques des formes spatiales en construction, des modalités de rassemblement urbain (depuis la place marchande jusqu’à la fête en passant par la manifestation), et des formes et rythmes des événements contemporains (pris au sens large depuis l’événement historique jusqu’à la production événementielle urbaine).

D’emblée, nous nous demanderons dans quelle mesure l’idée de place permet-elle de saisir les expériences urbaines singulières comme la fabrique de l’urbain générique, les interactions sociales au plus près des vies comme les enjeux démocratiques. Ensuite, comment la question du rassemblement urbain offre une voie d’entrée pertinente pour penser les enjeux politiques qui se posent à la ville, et que la ville pose au politique ? Finalement, en quoi les événements, subis, voulus, contraints et/ou créés, orchestrés ou spontanés, affectent-ils la pensée de l’espace et du temps de la ville ? Ces trois questions, interconnectées, guideront notre réflexion.

Entre euphorie et dysphorie, inégalités socio-spatiales et enjeux d’attractivité mais aussi hospitalité, inclusion et exclusion, inégalités des valeurs des lieux et des vies humaines – et non humaines-, comment comprendre les situations urbaines, les faits et scènes qui s’y observent ?

Partir de la place nous semble une voie d’entrée privilégiée pour interroger « l’urbain » entendu comme le fruit d’interactions distinctes entre des individus qui circulent, qui échangent. À l’instar de Marc Augé pour « l’anthropologie du lieu », nous interrogeons « la place » dans ses acceptions multiples à partir de différentes modalités de rassemblement urbain. Partir des rassemblements suppose d’interroger l’affordance des espaces construits sur les pratiques sociales et l’influence des pratiques sociales sur la construction des espaces. Nous pensons, certes, à l’espace public, mais le rapport public-privé est également donné par les subjectivités multiples qui constituent l’urbain. C’est cette fluidité, ce mouvement incessant de transformation de l’espace par les activités sociales mais aussi des pratiques qui se transforment selon l’espace que nous cherchons à comprendre. La question « événementielle » tient ainsi une place centrale dans l’analyse de la situation critique que traversent la société urbaine. L’entrechoquement des temporalités entre le quotidien et l’événement, bouleversées par l’arrivée de grands-événements qui se veulent « extérieurs » à la planification urbaine complexifient les rapports entre le planifié et l’incertain, entre le pérenne et le temporaire, entre le chantier et la ruine, entre le patrimoine et le projet urbain, produit la ville autant qu’il la déstructure.

Posant le principe de l’ethnographie comme méthode cardinale de l’anthropologie, ce séminaire sera l’occasion d’articuler les cadres théoriques de la recherche avec les phénomènes empiriques, pour laisser la part belle aux expériences de terrain. Pour ce faire, une approche réflexive permanente sur les méthodes, la place et le rôle de l’anthropologie dans la production de savoir sur la fabrique urbaine contemporaine encadrera toutes les séances. Quelles sont les conditions d’(im)possibilité d’une anthropologie urbaine conçue comme et à partir d’une pratique ethnographique ? Dans quelle mesure l’ethnographie doit ou peut être publique ? Pourquoi et comment la mettre elle-même en débat ?

Sans renoncer à l’échelle plus globale d’appréhension des phénomènes urbains, Paris et sa périphérie, au croisement de flux globaux et de grands projets d’aménagements, nous serviront d’observatoire de la fabrique urbaine, entendue dans cette tension entre places, rassemblements, événements.

Programme

Séance 1 : le 11 janvier 2024 - 16h30-18h30
Séance introductive

Séance 2 : le 8 février 2024 - 16h30-18h30
Places et rassemblements marchands dans la ville en tension : Paris et ses scènes marchandes

Séance 3 : le 7 mars 2024 - 16h30-18h30
Paris et sa banlieue, reconfigurations contemporaines des interactions centre-périphérie à l’heure des méga-événements

Séance 4 : le 4 avril - 16h30-18h30
Comment penser la fabrique de la ville, entre art et politique ?

Séance 5 : le 6 juin - 16h30-18h30
Espaces liminaires et frontières de la ville : hommage à Marc Augé

Séance 6 : le 27 juin - 16h30-18h30
Fêtes et rassemblements dans la place, une trame politique

Maison de la recherche, Université Paris 8

Document-joint
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