3e Journée d’étude « Patrimoines Minoritaires »

Matrimoines et patrimonialisations expérimentales de la « nature » en ville

Le réseau LIEU, le laboratoire AMUP, le laboratoire SAGE ainsi qu’IFRA Nigéria
ont le plaisir de vous inviter à la 3e journée du colloque itinerant 2022-23 :
« Patrimoines minoritaires #3. Matrimoines et patrimonialisations expérimentales de la « nature » en ville »
qui se tiendra le lundi 3 avril 2023 à l’ENSA Paris la Villette, Site Ardennes.
Coordination : Barbara Morovich (AMUP et Ifra-Nigéria, membre du Réseau LIEU et Géraldine Djament (UMR SAGE, associée à l’EIREST)
Programme : https://www.lavue.cnrs.fr/IMG/pdf/p...

Cette troisième journée d’études, inscrite dans le cadre des études patrimoniales critiques, se situe dans le cadre d’un cycle de recherches interdisciplinaire consacré aux « Patrimonialisations « minoritaires » : enjeux épistémologiques, terrains et questions émergentes » (RESEAU LIEU, AMUP- ENSAS, SAGE-Université de Strasbourg, IFRA-Nigeria) (2022-2024). Au sein du paradigme de « l’omnipatrimonialisation fragile » (M. Gravari-Barbas, 2014) se développent des patrimonialisations fondamentalement plurielles et de plus en plus diversifiées, tandis que les typologies susceptibles de faire patrimoine se démultiplient. Cependant, toutes les patrimonialisations n’ont pas le même statut social ni ne bénéficient de la même reconnaissance. Ce cycle propose de déplacer la focale de l’ère du « tout patrimoine » d’apparence faussement consensuelle (M. Gravari- Barbas, V. Veschambre, 2003), « au-delà du consensus patrimonial » (J. Bondaz, C. Isnart, A. Leblon, 2012), et d’interroger la notion de patrimonialisations « minoritaires » (B. Morovich, 2022). Cette notion est issue d’un transfert au champ patrimonial de la notion de « groupe minoritaire », ou plutôt de relation entre un groupe dominant et des minoritaires, développée par la sociologue Colette Guillaumin (1985). En interrogeant le patrimoine par des processus minoritaires ou inachevés, nous évoquerons aussi les notions d’arène patrimoniale (Roth, 2003 ; Givre, 2012) ou d’arène culturelle (Morovich, 2021) afin de les mettre à l’épreuve de contextes de bouleversement urbain, politique, social et désormais sanitaire. Ces arènes se développent notamment en ville, où la culture et le patrimoine sont confrontés à la métropolisation, traduction urbaine de la nouvelle étape de mondialisation (Djament-Tran et San Marco, 2014).

Les deux premières journées d’études ont mis en évidence deux thématiques patrimoniales émergentes auxquelles sera consacrée la troisième : les matrimoines et la patrimonialisation de la “nature” en ville.

C’est dans le cadre de l’examen des collections ethnologiques au prisme critique des subaltern studies, évoquées lors de la deuxième journées d’études, que l’anthropologue Ellen Hertz (2002) a réactualisé le terme médiéval de matrimoine (biens hérités de la mère), dans le but de repenser notre patrimoine en termes féministes et d’engendrer de nouveaux régimes patrimoniaux. Parallèlement, Aurore Evain (2001, 2006) a mis en évidence le matrimoine théâtral. Les questions environnementales contemporaines conduisent parallèlement à repenser la patrimonialisation de la « nature » et/ou du paysage, historiquement construite par le paradigme naturaliste sensible en lien avec des processus d’artialisation (Roger, 1997), ce qui nous amènera à revenir sur le rôle des artistes dans les patrimonialisations « minoritaires ».

Le matrimoine permettra ici d’aborder les patrimonialisations des minorités « genrées », mais aussi dans un sens beaucoup plus large, « un patrimoine territorialisé, ancré, qui conserve sa valeur d’existence mais » qui a « aussi une valeur d’usage » (Gravari-Barbas, 2014). De même, les expériences « minoritaires », « quotidiennes » et/ou contestataires, de patrimonialisation de la « nature » en ville seront abordées, à la fois dans des villes occidentales et dans des villes non occidentales, non seulement comme un type de patrimoine (ou d’infra-patrimoine (Guitard, 2021)), dont l’opposition au patrimoine « culturel » doit être dépassée, mais comme un questionnement transversal du paradigme patrimonial contemporain. Marqué par les tendances à la patrimonialisation du vivant (Micoud, 2000) et par les défis de l’entrée dans « l’anthropocène » (Bonneuil, Fressoz, 2013) ou le « capitalocène » (Bonneuil, 2017), ce dernier tend à « organiquement intégrer les grands défis environnementaux dans la vie » des habitants (Gravari-Barbas, 2014).

En mode hybride à cette adresse : https://paris-lavillette-archi.webe...
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