Projet scientifique
Axe 1 : Fabrications de l’urbain (2016-2018)

Imaginer et fabriquer la ville autrement ?
Implications pratiques et discursives de l’urbanisme « de terrain » dans les processus de transformation urbaine

Directeur de la thèse : Alessia de Biase
Co-directeur : Alain Guez
École doctorale : ED 434, Paris 1 Panthéon la Sorbonne
Discipline : Architectures, Villes et Territoires
Année d’Inscription : 2015
Financement : Contrat doctoral MCC

Résumé

Dans le cadre des crises globales et des transformations continuelles qui intéressent les milieux urbains, cette thèse souhaite interroger l’émergence de discours qui se développent à l’heure actuelle autour de l’idée de fabriquer autrement la ville contemporaine. On étudiera leur traduction dans des pratiques urbaines et architecturales qui remettent en question, par le biais d’expérimentations spatiales et sociales multi-acteurs, les processus et les configurations habituelles du projet.

Prenant le processus de projet d’espaces publics et collectifs comme objet d’étude, nous observerons en particulier des cadres inédits de projet initiés par une génération de concepteurs (architectes, urbanistes, paysagistes ou artistes) qui émerge et opère en France depuis les années ‘90. Organisés en collectifs pluridisciplinaires ou associations professionnelles diverses, ces acteurs questionnent leur rôle et leur métier, qu’ils se proposent d’exercer de manière autre, en faveur de la société civile et de l’environnement. Par une présence croissante sur le terrain du projet, ils diversifient leurs méthodes et amplifient leurs compétences, revendiquant un urbanisme « tactique », « bottom-up » ou « contextuel ». À l’heure où les représentations de ces pratiques s’accumulent, les discours mis en avant se chargent de nouveauté et s’accompagnent progressivement d’une esthétique et d’un lexique reconnaissables : habiter la transformation, ouvrir le chantier, auto- et co-construire localement, par le bas, en impliquant vraiment la maîtrise d’usage... Bien que les tentatives de production d’espaces réenchantés et conviviaux soient encore marginales, les modes opératoires et le vocabulaire de cette fabrique alternative de la ville traversent les échelles de la pratique urbanistique : des interstices et friches urbaines aux hauts lieux de culture, de l’initiative spontanée aux programmes pédagogiques et aux cahiers des charges urbains et architecturaux, ils évoluent et se répandent dans le milieu de l’aménagement, ainsi que dans les espaces et les temps de la transformation. Si un imaginaire est en train de se constituer, que signifie fabriquer la ville autrement ? Comment certains discours et concepts ont émergés, se sont construits et se sont-ils reproduits ailleurs ? Quelle relation entre discours et applications, et quelles implications dans le projet urbain et dans la transformation ?

Sur la base d’une approche anthropologique de la transformation urbaine, la thèse vise à questionner et faire surgir des nouvelles catégories pour appréhender ce qu’on appelle le « faire autrement » la ville d’aujourd’hui. Le choix a été fait d’étudier de manière comparative des processus en cours dans les transformations de la première couronne francilienne, où l’on observe une profusion de cadres de projet originaux et rassemblant un large panel d’acteurs autour de démarches proches de la co-production. On s’intéressera à des cas où l’expérimentation se fait autour de l’expérience pratique et collective, selon des principes qui se revendiquent ascendants, prenant place dans les interstices spatio-temporels de transformations plus larges. L’étude synchronique des discours, des pratiques et des temporalités à l’oeuvre dans les processus en question vise d’une part à resituer cet autrement de manière « archéologique » dans une histoire de pratiques. D’autre part - en observant également leur rôle dans la construction d’un territoire métropolitain en forte quête de légitimité et d’attractivité -, il nous aidera à saisir et analyser l’évolution du processus de projet, le nouvel jeu d’acteurs et temporalités qu’il implique et le type de ville réelle et imaginaire qu’il produit.

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