Projet scientifique
Axe 3 : Héritages et innovations dans la construction des territoires (2016-2018)

Des valeurs aux limites
Sur l’amélioration des quartiers informels dans des sites patrimoniaux.

Directeur de la thèse : Alessia de Biase
Co-directeur : Piero Zanini
École doctorale : ED 434, Paris 1 Pantheon la Sorbonne
Discipline : Architecture, Villes, Territoires
Année d’Inscription : 2015

Résumé

Le lancement du « Nouvel Agenda Urbain » se rapproche, ce document sera convenu lors du sommet mondial sur l’urbanisation Habitat III de l’ONU-Habitat. Le Nouvel Agenda bientôt livré sera en quelque sorte une feuille de route pour les vingt prochaines années à destination d’un large éventail d’acteurs agissant sur les villes de la planète. Bien que l’Agenda Urbain actuel, adopté en 1996, ait insisté sur la démocratisation de l’habitat convenable dans le monde (notamment promouvant la campagne « cities without slums »), le Nouvel Agenda Urbain se propose à nourrir un spectre de thèmes urbains beaucoup plus vaste. De ce fait un effort a été déployé au sein des Nations Unies pour faire dialoguer ses différentes agences et programmes ayant un certain dégrée d’action sur les questions liées à la ville. L’UNESCO a été notamment convié à faire partie de cette discussion. Par conséquent, pour la première fois l’Agenda Urbain inclura une réflexion sur le rôle de la culture et du patrimoine urbain dans l’avenir de l’urbanisation durable.
Dans ce mouvement institutionnel inédit de rapprochement entre développement et patrimoine urbains, quelques frictions inévitablement émergent. Notamment dans ce qui concerne le rôle du patrimoine dans des contextes sociaux contemporains « difficiles », tels que les bidonvilles. Ces frictions se présentent encore plus flagrantes quand on observe la présence de l’informel urbain dans des sites sauvegardés. Des questionnements se manifestent : quels rapprochements possibles entre la politique de transformation « durable » des bidonvilles et celle de conservation du patrimoine urbain ? Comment rendre visible dans des contextes informels les liens entre les droits à l’habitat convenable et le patrimoine ? Comme ces instruments internationaux sont amortis à l’échelle locale au sein des citadins qui pensent le patrimoine urbain depuis leur capital social ?
Pour répondre à ces questionnements la thèse se propose à analyser l’urbanisation informelle existante au sein de sites protégés par la « Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel 1972 » de l’UNESCO. La thèse cherchera à analyser les relations entre la conservation du patrimoine culturel urbain et l’amélioration de quartiers informels (« slum upgrading ») de façon à démontrer leur pratiques négociées (contradictions et convergences) en fonction de dynamiques à deux échelles : l’institutionnelle et la locale. Premièrement seront analysées les actions institutionnelles que, d’une part, entreprennent la conservation du patrimoine urbain à travers des agents culturels, et d’autre part mènent de politiques d’amélioration, voire éradication, de bidonvilles à travers d’autres acteurs.
Le paysage culturel de la ville de Rio de Janeiro, au Brésil, site inscrit depuis 2012 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO est le terrain d’études choisi pour mener le travail de terrain. La ville représente un cas exemplaire d’un site protégé par la Convention de 1972, dont les limites de protection abritent des quartiers informels, tout en étant une ville historique et contemporainement marquée par plusieurs actions de transformation de ces quartiers. La ville héberge en outre le bureau régional pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (ROLAC) de l’ONU­-Habitat. Ceci présente une opportunité d’établir une approche anthropologique de terrain tissée entre Rio de Janeiro et Paris : d’une part mener des enquêtes auprès d’interlocuteurs privilégiés de l’ONU-Habitat à Rio et du secrétariat de l’UNESCO à Paris.
Gardant une approche anthropologique, la thèse porte ainsi un regard critique de comment des usages contestataires du patrimoine et une certaine « démocratie patrimoniale » participent à la transformation de la ville contemporaine, à l’heure où un nouvel agenda urbain international voit le jour.

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