Projet scientifique
Axe 1 : Fabrications de l’urbain (2016-2018)

QUEIROZ RIBEIRO (Luiz Cesar de), PECHMAN (Robert) organizadores, Cidade, povo e nação, Gênese do urbanismo moderno, Rio de Janeiro, 1996, 447 p., pp. 203-225
« Campo, contra-campo, extra-campo : fundamentos, desafios e conflitos sobre o lugar da arquitetura no campo urbano »

Date de parution : 1996
Éditeur : Civilização Brasileira
Pages : pp. 203-225 / 447 p.
Domaines : Urbanisme
Type de publication : Chapitres d’ouvrages scientifiques

FREY (Jean-Pierre), « Campo, contra-campo, extra-campo : fundamentos, desafios e conflitos sobre o lugar da arquitetura no campo urbano », in : QUEIROZ RIBEIRO (Luiz Cesar de), PECHMAN (Robert) organizadores, Cidade, povo e nação, Gênese do urbanismo moderno, Rio de Janeiro, Civilização Brasileira, 1996, 447 p., pp. 203-225
Extrait de la traduction française du texte
L’actuel champ de l’enseignement de l’urbanisme en France et les disciplines qui contribuent à la production des connaissances requises dans les diverses pratiques opérationnelles de l’aménagement se caractérisent par la remise en question non pas tant de la pertinence des approches que de leur contribution à la définition de métiers, de professions et d’une pédagogie condamnée à composer avec l’évolution rapide et incertaine du réel.
Le métier d’urbaniste souffre des incertitudes d’une reconnaissance institutionnelle qui s’appuie plus sur la légitimité et la fiabilité de la formation initiale des agents que de diplômes ou de titres d’« urbaniste » n’ayant jamais clairement débouché sur un statut professionnel. Le corps des Urbanistes de l’État, recruté sur concours auprès des détenteurs d’un diplôme d’architecte ou d’ingénieur, vient de fusionner avec celui des Architectes des Bâtiments de France et reste marginalisé face à la position dominante que le corps de Ponts et Chaussées et celui des ingénieurs TPE se partagent avec les administrateurs civils dans la technostructure. La plupart des disciplines universitaires, qui ne fournissaient antérieurement qu’un nombre limité d’étudiants dans de trop rares filières de troisième cycle spécialisées en urbanisme, offrent —depuis les années 1980 et sous la pression des effectifs qui se détournent de plus en plus de l’enseignement secondaire ou n’y ont jamais eu leur place dans les programmes— une floraison de diplômes visant des débouchés incertains dans le domaine de l’aménagement. Le Droit cherche à reprendre son droit de cité et reconquérir la place plus centrale qu’il occupait dès la mise en place, fin XIXe siècle, d’une politique urbaine réglementaire et procédurière. La sociologie urbaine, après de trop furtives heures de gloire sous les auspices de Paul-Henry Chombart de Lauwe (héritier d’un catholicisme social injustement oublié) et d’un Henri Lefebvre (initiateur d’un marxisme critique pourfendeur des pouvoirs bourgeois techno-bureaucratiques), s’est progressivement répandue dans le monde universitaire. Elle contribue depuis à instiller un peu de compréhension dans les multiples rouages huilés des articulations entre l’État et la société civile ou bien a renouvelé l’ingénierie et l’économie sociales dans la gestion des ressources humaines. L’économie sophistique ses approches de la gestion des finances locales tout en participant aux prétentions de l’aménagement du territoire à redresser les déséquilibres induits par un marché libéral des investissements industriels et immobiliers.
Un terrain disputé
A la concurrence accrue des disciplines universitaires de formation qui tendent de plus en plus à s’allier entre elles pour aborder l’« aménagement » sinon de façon interdisciplinaire, du moins dans la pluridisciplinarité en faisant remonter les problématiques urbaines des formations doctorales aux maîtrises et licences, plus rarement en premier cycle, il faut ajouter celle des Écoles d’architecture. Celles-ci, à l’inverse, hésitent à rompre avec la tenace tradition d’une formation strictement professionnelle (et, qui plus est, encore trop souvent réduite inconsidérément à l’exercice libéral du métier d’Architecte avec un grand A) pour développer un domaine de recherche spécifique à de nouveaux troisièmes cycles. Ces nouvelles formations visent à constituer les cadres théoriques et à mettre en place l’encadrement propice à la formation de futurs enseignants-chercheurs devant normalement se consacrer au renouvellement de la pédagogie et au remplacement progressifs de savoir-faire par des savoirs dans une transmission plus scolaire des connaissances.

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