Projet scientifique
Programme 2 : Villes, compétences, démocratie (2013-2015)

La ville sans parcelles
Une vision transversale de l’urbanisme de l’Entre-deux-guerres

18 juin 2014, « La parcelle dans tous ses états… entre histoire et projet urbain », Labex futurs urbains, Créteil.
Type de publication : Communications sans actes

Cette communication s’appuie sur l’idée que le rapport à la parcelle se transforme durant l’Entre-deux-guerres et aboutit à la construction d’une représentation dominante dans le champ de l’urbanisme : la ville sans parcelles. Notre hypothèse est double. Elle consiste d’abord à dire que ce phénomène tend à contourner la dimension politique de cette question, au nom d’une scientificité, d’une technicité ou d’une « méthode » considérées comme politiquement neutres de la discipline naissante de l’urbanisme. Ensuite, qu’il tend à dépasser les césures doctrinales et nationales d’un côté, les clivages entre administrateurs, savants et professionnels de l’autre.

Nous testons cette hypothèse sur deux cadres généralement opposés du point de vue des doctrines qui y sont défendues et de les mettre en parallèle. Il s’agit des débats tenus autour des îlots insalubres à Paris et ceux qui ont eu lieu au sein des Congrès Internationaux d’Architecture Moderne. Malgré les divergences des modèles de ville défendus, il y aurait dans les discours une même « présence sourde » de la notion de parcelle, entre non-dit et position structurante.

A partir d’un corpus composé de manuels, de manifestes, d’ouvrages sur Paris et d’études opérationnelles , nous cherchons à montrer que dans le cadre de la promotion de la méthode de curetage, la description des situations tend à ne pas mentionner les découpages parcellaires mais à mettre en avant la notion d’« espace libre ». Quand la parcelle est évoquée, elle est présentée comme un objet obsolète ou comme un problème complexe à résoudre pour les aménageurs. Cela participe à la dévalorisation de cette notion, parallèlement à la mise en avant et à la promotion en temps qu’unité opérationnelle de la notion d’îlot.

De leur côté, les Ciam offrent des débats récurrents sur la parcelle, même si le terme est peu employé. La question de la parcelle y apparaît à la lumière de deux contradictions. La première s’exprime dans le rapport difficile entre le parcellaire induit par l’idée de ville fonctionnelle et le parcellaire tel qu’il existe dans les villes européennes, conduisant à prôner des formes d’urbanisation souvent incompatibles avec l’héritage parcellaire destiné jusque-là au logement. La seconde contradiction émerge à la fois de la diversité des acteurs impliqués dans les Ciam et du cadre des débats, les congrès internationaux, qui rendent difficiles le débat sur la parcelle en raison de la dimension politique des questions foncières.

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