Projet scientifique
Axe 4 : Pratiques d’émancipations urbaines (2016-2018)

La copropriété repensée dans l’habitat participatif

Références de l’ouvrage : Repenser la propriété. Des alternatives pour habiter. Sous la direction de Sylvette Denèfle.
Date de parution : 2016
Éditeur : PUR
Collection : Essais
Pages : pp. 103-114
ISBN : 978-2-7535-4349-2
Type de publication : Chapitres d’ouvrages scientifiques

Résumé du chapitre

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les politiques publiques françaises ont fortement encouragé l’accession à la propriété en l’élargissant aux catégories modestes ou moyennes, pour qui elle représente un gage de promotion sociale et un moyen d’épargner en se constituant un patrimoine. Mais les crises économique, financière et immobilière qui ont inauguré le XXIe siècle ont limité l’accès au logement à ces mêmes catégories sociales, antérieurement mieux protégées. Les classes moyennes des années 2000 sont fragilisées, elles peuvent se loger mais se trouvent dans des situations inconfortables, soit du point de vue de la qualité de leur habitation, soit de celui de son acquisition. C’est dans ce contexte qu’on assiste depuis le début des années 2000, en France, au renouveau de ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’habitat participatif ». Ces opérations groupées d’un nouveau genre, bien qu’encore peu nombreuses en France, questionnent le rapport à la propriété. Qu’est-ce qui change dans le fait de concevoir, d’acquérir, d’habiter et de gérer son espace de résidence à plusieurs ménages ? Quelle est la différence avec le modèle de la copropriété ?
L’auteure montre que l’habitat participatif favorise le passage d’un modèle de propriété strictement individuel à un modèle de propriété "partagée", qui assure une certaine sécurité aux membres du groupe : d’abord, parce que c’est un moyen de choisir son logement et d’échapper au déclassement résidentiel ; ensuite, parce que l’inscription dans une communauté de pairs, le partage de valeurs et la contiguïté des pratiques quotidiennes induisent des "solidarités mécaniques", difficiles à trouver dans d’autres ensembles d’habitation. Ces avantages inhérents au collectif compensent la sécurité tant patrimoniale que statutaire que recherchent généralement les classes moyennes dans l’accession à la propriété. Dans ce sens, l’habitat participatif apparaît plutôt comme un moyen de "s’arranger" dans une conjoncture peu favorable, que comme une véritable remise en cause de l’ordre social.

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