Projet scientifique
Axe 5 : Interfaces et nouvelles dynamiques d’urbanisation (2016-2018)

Il Tourismo come leva della cooperazione e dello sviluppo regionale nel Mediterraneo
« Le rôle social du tourisme »

Date de parution : 1999
Éditeur : Ediun (Italia)
Collection : Quaderni ARCES / 2
Pages : pp. 96-110
Domaine : Urbanisme et tourisme
Type de publication : Chapitres d’ouvrages scientifiques

Atti del Colloquio Euro-Mediterraneo, Palermo 21-23 ottobre 1999, Roma, Ediun - Quaderni ARCES / 2, 1999, pp. 96-110

LE RÔLE SOCIAL DU TOURISME
Pour une économie sociale du développement touristique

Le point de vue que je vais développer sera bien sûr celui d’un architecte-sociologue porté sur l’histoire de l’urbanisme. Mais ce sera aussi et peut-être surtout celui d’un voyageur qui parcourt le monde depuis bientôt trente ans à raison de plus de deux mois par an (ce qui représente au total près de soixante-dix pays), avec un budget quotidien moyen avoisinant les dix dollars. A côté d’un tourisme désormais de masse voyageant en groupe dans des lieux dits "touristiques" et équipés en conséquence, il existe en effet d’autres façons de voyager, plus discrètes, mais dont l’importance ne cesse de croître, plus individuelles et qui ne concernent ni tout à fait les mêmes lieux ni les mêmes réalités économiques et sociales. Sans doute n’a-t-on pas directement affaire à ce que l’on appelle habituellement des touristes. Il s’agit plutôt de voyageurs ou de routards (shoestring travellers) qui se caractérisent par le peu de bagages qu’ils transportent, par le fait de sortir des sentiers battus et de se rapprocher autant que faire se peut des populations et de la réalité sociale des pays parcourus.
Si l’on admet ce que nous suggère le dictionnaire, à savoir que le tourisme implique l’idée de « voyageurs "désœuvrés" qui se mettent en route pour le plaisir, ou même pour pouvoir dire qu’ils ont voyagé », on peut accepter cette prémisse de notre analyse consistant à considérer toutes les formes de voyage en dehors du milieu familial ou de raisons professionnelles comme du tourisme. On doit donc moins parler du tourisme en général que de ses diverses formes et on doit en conséquence être attentif au fait qu’il existe divers types de touristes dont les pratiques et les représentations dessinent des territoires plus diversifiés, voire radicalement différents, que ceux que balisent les équipements ou les lieux communément considérés comme touristiques.
L’analyse de ces territoires peut se faire à différentes échelles selon les diverses disciplines mises à contribution.
La diversité des modes de découverte touristique des pays gagnerait à être analysée non seulement en terme sociologique mais aussi en terme de logique de marché à partir d’une typologie des touristes plus qu’en parlant du tourisme en général, car celui-ci, dans le fond, n’existe pas. En soulignant le fait que les divers types de touristes ne fréquentent ni vraiment les mêmes régions ni les mêmes quartiers ou structures d’accueil, contrairement à l’image trompeuse que les publicités donnent de ce qui mérite d’être vu, nous avons commencé par douter de l’efficacité de toute planification en la matière pour suggérer ensuite que le développement du tourisme lui-même ne pouvait qu’être quelque peu aléatoire et erratique dans son essence même.

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