Projet scientifique
Axe 1 : Fabrications de l’urbain (2016-2018)

Exploration chronotopique d’un territoire parisien

Financeur : Paris 2030 (Mairie de Paris)
Coordination : Alain Guez
Équipe : Alessia de Biase, Federica Gatta, Piero Zanini
Dates : 2015-2016

Le projet de recherche explore conjointement deux questions liées à l’expérience et aux dimensions temporelles de la ville contemporaine : l’expérience du temps dans une ville comment se forme-t-elle ? Comment définir un « chronotope » et quel rôle joue-t-il dans la constitution de cette expérience ?
A partir d’une tranche nord-sud de territoire d’1,3 km de large sur 13 km de long, entre Aubervilliers et Ivry, et jouxtant des secteurs tels que le quartier des grossistes et le centre commercial « Le millénaire » à la limite de Paris, le boulevard périphérique et les entrepôts Mac Donald, le faisceau ferroviaire de la petite ceinture, le canal Saint-Martin, les Buttes Chaumont, le quartier de Belleville, la place Léon Blum, la Gare de Lyon, le secteur de Bercy, la Bibliothèque François Mitterrand et le quartier Seine-Rive-Gauche, la recherche vise à mettre au point un modèle descriptif et conceptuel de chronotope urbain à travers une approche qui croise des faits objectivables et des expériences vécues. L’élaboration de ce modèle s’appuie sur l’analyse croisée des bases de données horaires et calendaires des activités de rez-de-chaussée (qui doivent permettre de déceler des « structures temporelles » différenciées selon les lieux de la ville) et les éléments qui ont émergés suite à un travail ethnographique (qui doivent permettre d’interroger l’expérience du temps des gens qu’y habitent et y travaillent).
Les caractéristiques et les spécificités spatio-temporelles des secteurs traversés dépendent des fonctions qu’ils accueillent. Celles-ci participent à différents dégrés à construire les cadences d’usage des espaces bâtis et des espaces publics, dont les caractéristiques peuvent varier entre le jour et la nuit, la semaine et le week-end ou, encore, au cours des saisons. À ces cadences plus ou moins régulières s’ajoutent des moments singuliers comme ceux structurés par les pôles événementiels comme le Palais Omnisport, dont le calendrier construit de fortes intensités momentanées en contraste avec la quotidienneté qui l’entoure.
L’exploration chronotopique de ce territoire parisien a l’objectif d’expliciter les complexes agencements spatio-temporels des espaces publics de Paris pour en comprendre les articulations, en révéler les variations périodiques et pour consolider les outils conceptuels et méthodologiques liés à l’approche chronotopique. Cette connaissance est orientée vers l’action et vise à explorer des agencements urbains devant participer à mieux appréhender un matériau spatio-temporel que l’on pourrait considérer, en soi-même, comme objet de projet.

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