Projet scientifique
Axe 1 : Fabrications de l’urbain (2016-2018)

Pensée décentralisatrice et projet de territoire, au XXe siècle
Appel à communications

Thème : Pensée décentralisatrice et projet de territoire, au XXe siècle
The idea of decentralization and regional planning, in the 20th Century
Lieu : école nationale supérieure d’architecture de Grenoble (ENSAG), 9-10 novembre 2017 - School of Architecture, Grenoble (ENSAG)
Horaires : November 9th - 10th, 2017
Organisateurs : Catherine Maumi, Professeur HDR en histoire et cultures architecturales.
École nationale supérieure d’architecture de Grenoble
Directrice scientifique du laboratoire Métiers de l’Histoire de l’Architecture, édifices-villes-territoires, Univ. Grenoble Alpes
Comité scientifique / Scientific Committee : Patrizia Bonifazio, Politecnico di Milano, Gaïa Caramellino, Politecnico di Milano, Alessandro De Magistris, Politecnico di Milano, Nicole de Togni, Politecnico di Milano, Carola Hein, TU Delft, Corine Jaquand, ENSA Paris Belleville, Olivier Labussière, PACTE, Université Grenoble Alpes, Catherine Maumi, ENSA de Grenoble, Univ. Grenoble Alpes,Rosemary Wakeman, Fordham University, New York
Type d’action scientifique : Actions diverses

Appel à communications

De l’URSS aux Etats-Unis, de l’Allemagne à l’Italie, jusqu’au Japon, l’idée de décentralisation n’a cessé d’être revisitée au cours du XXe siècle par les architectes, urbanistes, économistes, politiques, plus particulièrement dans les moments de crises – politique, économique, environnementale, sociale, culturelle,… Au début du XXe siècle, la décentralisation s’entend, pour certains de ses partisans (Lewis Mumford, Benton MacKaye et les membres de la RPAA, pour ne citer qu’eux), comme le moyen de s’opposer aux effets dévastateurs de la métropolisation qui, depuis le dernier quart du XIXe siècle, ruine les ressources naturelles, les cultures et économies locales, uniformisant les modes de vie. Nombre des défenseurs de la décentralisation (Frank Lloyd Wright, Bruno Taut, Ernst May, Hannes Meyer, Nikolaï Milioutine, Okhitovich, Giorgio Rigotti, Gaston Bardet, etc.) sont alors mobilisés par la volonté de lutter contre l’ordre établi et la conviction qu’une autre organisation spatiale, en phase avec la nouvelle société plus équitable à laquelle devait donner jour le monde « moderne » du XXe siècle, serait à même de modifier cet ordre des choses. Décentraliser signifiait aussi, pour certains, adopter un mode de développement plus respectueux de l’environnement – de la Terre – et de l’Homme.
Pour cette raison, la pensée décentralisatrice ne peut être considérée uniquement sous l’angle d’une nouvelle réorganisation des diverses activités sur le sol ; elle constitue également un nouvel ordre économique et social se voulant plus égalitaire, celui-ci étant désormais envisageable grâce au déploiement des techniques modernes (l’électricité, le téléphone, la motorisation, la radio, etc.).

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les nouveaux équilibres à trouver, ou à reconstruire, dans plusieurs pays et régions du globe, incitèrent à reprendre la réflexion dans l’objectif de mettre en œuvre des plans régionaux s’adressant tant à des zones rurales à développer, qu’à des aires métropolitaines dont il s’agissait de gérer l’expansion à venir (cf. Konstantinos A. Doxiadis, Clarence Stein, Jaqueline Tyrwhitt, Albert Mayer, Tracy B. Augur, E. A. Gutkind, Buckminster Fuller, Nishiyama Uzo, or Ishikawa Hideaki, etc.). Certaines avancées technologiques furent également à l’origine de nouveaux projets et théories. Ainsi, le risque que la puissance nucléaire représentait désormais pour les populations incita les responsables politiques à décentraliser les lieux de pouvoir, de recherche et de production stratégiques, et à envisager une concentration moindre des lieux de vie. Par ailleurs, le nouvel outil que l’informatique représentait fut mobilisé à son tour pour imaginer une autre répartition des hommes sur le sol, la puissance de calcul qu’il offrait, associée aux études statistiques, permettant – par le modèle tout au moins – d’imaginer un mode d’établissement plus respectueux des équilibres de la Terre.
Une des questions récurrentes, et qui constitue toujours un enjeu majeur en ce début de XXIe siècle, est celle de la terre, ou du sol – entendu comme réservoir de ressources naturelles et lieu de production, agricole notamment –, de sa qualité, qui ne cesse d’être dégradée, et de son mode de gestion, ou régime foncier.

La pensée décentralisatrice trouve ses fondements dans les études des géographes (Walter Christaller par exemple), mais aussi dans les théories développées par des économistes (Thorstein Veblen, Sabsovich, Albion W. Small, Gottfried Feder, August Lösch, Walter Isard, Barbara Ward, parmi tant d’autres). Elle se nourrit des recherches et découvertes dans de nombreux champs scientifiques et mise sur les progrès techniques en termes de mobilité, de communication, de production d’énergie.
Il s’agira de revisiter ces pensées et projets élaborés au cours du XXe siècle (jusqu’aux années 1970 principalement, le dernier quart du XXe siècle étant marqué par un retour à la ville, une économie qui se « globalise », et une considération davantage centralisée des enjeux environnementaux). L’objectif, avec les différentes contributions, visera à mieux comprendre les idéaux qui les ont animés, les références qu’ils ont mobilisées, les outils – conceptuels notamment – qu’ils proposaient d’expérimenter, les influences qu’ils ont exercées – ou non – sur la fabrication des territoires habités et la production d’une nouvelle image de ceux-ci ; nous explorerons également les transferts qui se sont opérés d’un champ disciplinaire à l’autre, d’un espace culturel à l’autre.
Nous nous intéresserons plus particulièrement :
—  aux penseurs ou théoriciens de la décentralisation (qu’ils soient géographes, économistes, architectes, urbanistes, paysagistes), aux idéaux qui les animent, aux réseaux (nationaux, internationaux) dans lesquels les échanges d’idées s’inscrivent, et aux contextes dans lesquels ces pensées sont formulées ;
—  aux projets élaborés et aux enjeux qui les caractérisent : économiques, sociétaux, politiques, environnementaux, etc. ;
—  aux outils conceptuels mobilisés en vue de définir de nouvelles formes et modes d’habiter, ainsi que de nouveaux modèles économiques ;
—  aux avancées technologiques auxquelles ces projets sont liés : nouveaux moyens de mobilité, de communication, énergies nouvelles, mais aussi nouveaux outils de représentations, de modélisation, etc., de même qu’aux nouvelles collaborations dont ils témoignent entre différents champs scientifiques.

Le colloque organisé à l’école nationale supérieure d’architecture de Grenoble sera le premier d’une série de trois ; les deux autres rencontres se dérouleront, en 2018, à TU Delft (juin) et au Politecnico di Milano (automne).
Des orientations spécifiques sont imaginées pour chacun des trois colloques :
—  celui organisé à l’ENSA de Grenoble questionnera plus particulièrement les idéaux portés par la décentralisation, leur diffusion, et les enjeux économiques et environnementaux caractérisant les projets et théories ;
—  le rendez-vous à TU Delft s’intéressera davantage aux problématiques en lien avec les questions énergétiques et de mobilité ;
—  la rencontre au Politecnico di Milano, interrogeant les différentes échelles du projet territorial, cherchera à identifier les impacts de la décentralisation dans la définition des outils et méthodes propres aux cultures architecturales et urbanistiques.

Les résumés (de 300 mots au maximum), complétés de 5 mots clefs, écrits en français ou en anglais, sont à envoyer avant le 17 juillet 2017, accompagnés d’un CV d’une page, à l’adresse suivante :decentralisation2017.18@gmail.com

Call for papers

Throughout the 20th century, from URSS to the United-States, Germany, Italy and Japan, architects, planners, economists, and politicians have repeatedly proposed decentralization as a way to restructure societies and their spaces—notably in response to political, economic, environmental, social, or cultural crisis. At the beginning of the 20th century some proponents of those ideas (such as Lewis Mumford, Benton MacKaye and the members of the RPAA) regarded decentralization as the means to oppose the devastating effects of metropolization, that, since the last decades of the 19th Century, has exploited natural resources, ruined local economies and cultures and standardized ways of life. The advocates of decentralization (Frank Lloyd Wright, Bruno Taut, Ernst May, Hannes Meyer, Nikolaï Milioutine, Okhitovich, Giorgio Rigotti, Gaston Bardet, etc.) then fought the established spatial organization and aimed to establish new urban forms that would promote a new and fairer society. Many of its promoters considered decentralization not solely a reorganization of the diverse activities on the ground ; they also saw decentralization as a means to establish a new economic and social order, intended to be more egalitarian also thanks to the diffusion of modern techniques – such as electricity, telephone, motorisation or radio.

The societal changes, after the Second World War, encouraged new approaches for national planning in rural regions or metropolitan areas with the purpose to imagine their future development (cf. Konstantinos A. Doxiadis, Clarence Stein, Jaqueline Tyrwhitt, Albert Mayer, Tracy B. Augur, E. A. Gutkind, Buckminster Fuller, Nishiyama Uzo, or Ishikawa Hideaki, etc.). Spatial plans from around the world promoted both decentralization at the national scale and within the urban region. Some technological advances were also at the origin of new projects. Thus, the risk that nuclear power represented for the populations prompted the politicians to decentralize the places of power, of research, and of strategic production, and to imagine a lesser density of the residential areas. Computer sciences, associated with statistical tools, were also mobilized in order to conceive another distribution of the population on the ground, to imagine a new way to settle, more respectful of the balances of the Earth. One of the recurring questions, which is still today a major issue, beginning of the 21th Century, is the one of the earth, or soil – understood as a reservoir of natural resources and as a site of agricultural production –, its deteriorated quality, its use and management.

The foundations of the decentralization ideas can be found in the studies made by geographers (such as Walter Christaller) but also in the theories developed by economists (as Thorstein Veblen, Sabsovich, Albion W. Small, Gottfried Feder, August Lösch, Walter Isard, Barbara Ward, among others). The concept of decentralization fed itself with the research and discoveries made in many scientific fields, and relies on technical progress in terms of mobility, communication, and power generation.

Our purpose is to revisit the concept and projects elaborated during the 20th Century (mainly until the 1970s). We will attempt, with the different papers, to understand the ideals that founded them, the references mobilized, the tools – conceptual as well as practical – they experimented, the influences they could have – or not – on the making of the urbanized world and on a new image of it ; we will also explore the transfers from a scientific field to another, from a cultural space to another.

We will focus more specifically :
—  On the theoreticians of decentralization (should they be geographers, economists, architects, urban planners, landscape architects, etc.), on their ideals ; on the national or international networks fostering the exchanges of ideas as well as on the context in which those ideas are taking place.
—  On the projects designed and on their focus : economical, societal, political, environmental, etc.
—  On the conceptual tools mobilized in order to imagine new forms and way of life, as well as new economical pattern.
—  On the technological advances related to those projects : new means of mobility, of communication, new energies, but also new tools of representation, of modelling, etc.) ; on the new collaborations between scientific fields.

The symposium organized at the School of Architecture in Grenoble will be the first of a series of three. The next symposiums will be organized, in 2018, at TU Delft (June) and at the Politecnico di Milano (fall 2018).
Specific orientations are imagined for each one of the symposiums :
—  The one organized at the ENSA Grenoble will focus more particularly on the ideals of decentralization and the ecological and economic issues of the projects and theories.
—  The symposium organized at TU Delft will centre more on the questions regarding energy and mobility issues.
—  The third one, at the Politecnico di Milano, looking at the diverse scales of the project (from the territorial one to the city-region) will investigate the impacts of decentralization on the definition of tools, approaches (codes, programs, visions) in the architecture and planning cultures.

The abstracts (300 words maximum), plus 5 key words, written in English or in French, should be sent before July 17th, 2017, with a short bio (1 page), to this address : decentralisation2017.18@gmail.com

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